Le temps passe

23 novembre 2021

le temps s'enfuit

 

Avant de parler de mes souvenirs, je veux parler de mes ascendants. J’ai connu mes grands-parents maternels.

 

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Mon grand-père Jean-Marie Laffaille est né à Béziers. Il est devenu orphelin de mère puis de père et il fut confié à son oncle, frère de son père, qui était boucher à Mazères en Ariège. 

D’après Aline, ma cousine, il a été confié à deux ans à des personnes dans le train pour Toulouse où son oncle le récupéra.

On ne s’inquiétait pas à cette époque…

Ma grand-mère , Thérèse Gilama, qui était aussi ma marraine, vit le jour á Narbonne. 

Je ne sais pas quel était le métier de son père. Il paraît qu’il était roux, mais ce n’est pas un métier

Elle avait deux sœurs et deux frères dont elle était l’aînée.

Je me souviens d’eux, ils venaient parfois à la Juncasse où résidaient mes grands-parents.

Thérèse, c’était son prénom, a perdu une petite fille de trois ou quatre ans, avant la naissance de ma mère.

Elle était bonne cuisinière et on la sollicitait pour des réunions familiales, mariages etc…Elle cuisinait aussi bien sûr pour nos réunions familiales sous le hangar de la tante Yvonne.

A la fin du repas, chacun, à tour de rôle, les enfants compris, nous chantions.

C’était une coutume dans les rassemblements.

À Toulouse, dans la rue, on trouvait des rassemblements de chanteurs.

Des personnes distribuaient des partitions que nous leur rendions dès que nous quittions le groupe.

J’ai chanté près du Grand-Rond, au bout des allées du monument aux morts (François Verdier, je crois).

C’est là aussi qu’il y avait un kiosque qui vendait des glaces l’été et des malakoff, barre de chocolat praliné, notre péché mignon à Eliane et moi.

 

Du côté paternel, je ne les ai pas connus , ils étaient décédés à ma naissance.

 L’arrière grand-père était Espagnol de Tudela en Navarre.

Il aurait lancé son béret et aurait suivi, avec son frère, la direction que le vent avait indiquée, la France.

Tout cela parce que la Navarre, dans la guerre de succession d’Espagne, était pour Don Carlos. C’était les guerres Carlistes.

En France, José Cabanillas s’est installé à Oloron Sté Marie où il s’est marié avec Marie Rameline Ferré .

ils ont eu quatre enfants , dont mon grand-père, Rémi.

Son frère a fait souche à Lourdes.

Jeunes, nous avons fait connaissance des cousins germains de papa.

 Rémi Cabanillas a épousé une fille de bonne famille de Pau, Marie-Louise Peyroutou.

 

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Son père était à la fois négociant en vin et avait une entreprise de constructions .

 Mon arrière grand mère , son épouse  s'appelait Jenny Couci 

 

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Ils avaient une bonne qui appréciait le vin et qu’ils avaient retrouvée sous une barrique qui coulait en répétant en patois béarnais phonétiquement , té dice qué gna prou . En français , je te dis que ça suffit .

 

Mes arrières grands -parents ont perdu dans un affrontement de divorce l’aisance qu’ils avaient acquise. suite, paraît-il au goût du mari pour les petites danseuses.

Quand ma grand-mère a épousé Rémi, elle a reçu une dot avec laquelle elle a acheté un bar à Toulouse.

Je ne sais pas combien de temps elle l’a tenu.

Il a été vendu car son mari virait les clients qui étaient trop familiers avec sa femme.

Elle aurait dû acheter un magasin d’articles féminins.

Mon grand-père ayant une belle voix chantait dans les chœurs du théâtre du Capitole.

Mon père m’a raconté que lui-même enfant a tenu un petit rôle.

Sa sœur faisait de la danse classique.

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Mes parents se sont connus dans un bal, papa était un très bon danseur.

C’était important à l’époque, les bals étaient la grande distraction.

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Ils avaient 18 ans quand la guerre a été déclarée, fini l’insouciance, bonjour les privations.

Papa pour éviter le travail en Allemagne s’est engagé et est parti en Algérie dans le régiment des Zouaves.

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Il a échappé au conseil de guerre, suite à une garde de nuit durant laquelle il s’est endormi mais surtout il s’est fait subtiliser son fusil, heureusement par son supérieur qui a fait preuve d’indulgence au regard de sa jeunesse.

Il avait un grand appétit et il trouvait des œufs de poules mais comme il en consommait beaucoup, il a eu une indigestion.

Il a été démobilisé à la signature de l’armistice par Pétain, il s’est marié en décembre 1942 avec maman qui était enceinte de ma sœur.

 Je suis née le 16 août 1946 et mon acte de naissance ainsi que tous les papiers administratifs mentionnent le 13 août.

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Après la guerre, pour booster les naissances, le gouvernement donnait une prime pour un deuxième enfant né trois ans après le premier.

Ma sœur étant née le 12 août 1943, on me déclara le 13, mais pour un jour la prime ne fut pas accordée.

Les premiers souvenirs de mon enfance remontent à l’école maternelle du Busca

Je revois vaguement les salles de classe, le couloir servant de vestiaires où traînait l’odeur des bananes du goûter.

Mme Roques, aide-maternelle, nous conduisait aux toilettes et consolait les cœurs de ceux qui pleuraient. 

Cette dame m’emmenait parfois à la grille de séparation des cours de la maternelle et du primaire où je voyais ma sœur.

 

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Puis je suis entrée en CP, CE1et CE2et on s’est rendu compte que j’étais myope.

La cour des filles était séparée par un mur de celle des garçons.

Certains s’accrochaient au mur pour nous observer, surtout les grands.

Je revoie le chemin que nous prenions pour rentrer chez nous, trajet que je trouvais très long.

J’enviais déjà les enfants que les mères attendaient à la sortie de l’école.

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 Nous avons quitté l’école primaire pour le collège Merly, rue des Trente six ponts où Eliane rentrait en 6è. Moi, j’étais inscrite en CM1.

J’étais copine avec une petite blonde à queue de cheval, comme moi ; on nous croyait sœur.

C’est cette année là que j’ai perdu des cheveux sur une surface ronde de 3 cm de diamètre. Le stress sans doute dû au changement.

Pourtant j’aimais bien cette école. Les cheveux ont repoussé et tout fut oublié.
Je suis restée dans ce collège jusqu’au brevet.

Le concours d’entrée avait été supprimé, l’admission se faisait sur les résultats de l’année 

.J’y ai eu de bon profs j’aimais plus le français et l’histoire que les maths.

On nous faisait apprendre par cœur des extraits de pièces de théâtre que nous récitions devant la classe, c’était nos cours de théâtre. J’aimais bien cela.

Comme je chantais bien, je faisais partie de la chorale, mais le professeur de musique étais un peu revêche mais intéressante.

Nous écoutions parfois du classique, ce n’était pas du goût de toutes.

A la récréation, une copine me demandait de lui chanter des airs de variétés car elle savait que j’avais un cahier rempli de textes divers.

Je sentais qu’elle m’admirait et cela me flattait

Nous habitions à Toulouse, au Boulingrin, près du Grand-Rond, quartier agréable.
Papa était sapeur-pompier et nous occupions un appartement situé au 5
eétage au-dessus du terrain de volley-ball.

Mon père , qui était très sportif, faisait partie de l’équipe, il participait à des tournois en France mais également à l’étranger, l’Espagne surtout, à Barcelone.

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Quand je m’ennuyais, je suivais du balcon les parties d’entraînement.

 Je regardais également les pompiers qui s’entraînaient à grimper à la grande échelle.

Sur ce terrain s’arrêtaient les vendeurs ambulants avec leurs petites charrettes qu’ils guidaient à la main. 

Je me souviens d’une dame un peu corpulente qui proposait du millas que l’on faisait cuire dans du beurre et sucrait tout chaud.

Nous achetions aussi les blocs de glace pour la glacière.

Tout ce petit monde a disparu avec les progrès

J’ai le souvenir d’un Noël, le sapin décoré d’oranges (produit de luxe à l’époque).

C’était le soir, papa est rentré portant les jouets , cadeaux de son employeur (la mairie de Toulouse). 

Nous avons sauté de joie avec Eliane et malencontreusement j’ai donné un coup de pied dans le mur du couloir. 

Notre joie est vite retombée sous l’effet de la colère de mon père qui pensait que la tapisserie avait été abîmée.

Pour Noël, je me souviens avoir reçu un énorme poupon blanc et j’appris plus tard qu’il avait appartenu à la sœur de papa, sœur qui est morte à 20 ans en laissant un petit garçon de l’âge de ma sœur, Serge.

Il a été élevé par la sœur de son père qui n’avait pas d’enfant, je suppose pour aider son frère.

Plus grand, Serge venait parfois nous voir, mon père avait de l’affection pour lui et je crois savoir qu’il aurait aimé l’élever.

En grandissant, Serge a posé des problèmes, mauvaises fréquentations, et papa a usé de ses relations pour le tirer d’affaires jusqu’au jour où lassé et déçu, il a renoncé, malgré les promesses de son neveu de se calmer .

Serge n’est plus venu nous voir.

J’avais 8 où 9 ans quand nous avons déménagé, papa étant passé sous-officier , nous avons rejoint le quartier adéquat au 3eétage avec vue sur le canal du midi.

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C’est ainsi que j’ai vu en1956 le canal gelé et des patineurs aventureux s’y hasardaient .

Cela nous était formellement interdit.

C'est dans ce nouveau cadre que ma sœur et moi avons eu une expérience que des enfants ne devraient pas connaître.

Eliane avait neuf ans et moi six.

Mes parents s'absentant un après-midi nous avaient permis d'aller chez des voisins, parents de deux enfants. 

Seulement, la mère a quitté son domicile avec eux et l'homme qui nous gardait a eu des gestes très déplacés sur nos petites personnes. 

Nous n'avons jamais osé le raconter à nos parents, mon père l'aurait démoli, mais nous n'avons plus mis les pieds dans cet appartement. 

Eliane a dit à mes parents qu'elle était assez grande pour rester seule avec moi.

Ce souvenir que j'ai enfoui un jour a resurgi et, plus grande, lorsqu'il m'arrivait de croiser cet individu, j'éprouvais un sentiment que l'on peut qualifier de haine et de mépris. Je rêvais de lui casser la gueule.

Heureusement, il existait des gens charmants. 

Un jeu avait été institué entre les locataires des divers étages : c’était d’échanger des menus cadeaux par les balcons , nous laissions pendre un bout de ficelle auquel nous accrochions une babiole , en remplacement le voisin à son tour accrochait un bonbon ou autre cadeau.

J'étais amie avec Linda Lucien qui habitait l'appartement au-dessous du nôtre. 

Nos pères avaient le même âge et étaient un peu en compétition, mais les relations étaient cordiales.

Ah ! ce balcon a vu des choses plus horribles , le lapin acheté vivant qui restait quelques jours et auquel on s’attachait.

La corrida, au moment de le tuer , maman a vite renoncé à ce système.

Et les pigeons que papa s’était mis en tête de capturer, comme d’autres de ses collègues.

Il mettait des graines sur le rebord du balcon pendant plusieurs jours pour les amadouer puis un jour, il installait un piège avec une ficelle munie d’un nœud coulissant , il n’y avait plus qu’à surveiller.

Les pigeons attrapés ne furent pas nombreux et ils se révélèrent si durs que la page fut tournée.

La vie à la caserne n’avait pas que des aspects sympathiques.

Certains voisins avaient un peu trop la vue sur la vie des autres , si tu faisais quelque chose bien ou mal , cela pouvait être rapporté à tes parents , il ne fallait pas oublier de saluer les personnes que tu croisais , la politesse était un signe de bonne éducation et de respectabilité pour tes parents , tu te sentais observée en permanence.

Papa était surnommé « le marquis » à cause de son allure toujours très droite et maman , par ricochet, « la marquise ».

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Le dimanche matin nous écoutions la radio , les chansonniers, rubriques satiriques de la vie politique en chansons ainsi que les airs d’Opéras (les trompettes d'Aïda).

Mon oreille s’est familiarisée avec l’art lyrique parce que mon père avait une voix de ténor et aimait interpréter divers airs qu’il connaissait bien.

Dans le cadre de ses fonctions, il allait parfois au théâtre du Capitole pour vérifier les normes du système anti-incendie.

Un fauteuil était réservé au personnel de sécurité, parfois maman en profitait.

On nous envoyait au lit, l’appartement était fermé à clef et nous ne devions ouvrir à personne.

Je n’ai jamais eu peur.

Les voisins du 6e étage disaient l’entendre chanter.

J’ai appris par maman que jeune il voulait entrer au Conservatoire, mais que ses parents n’ont pas encouragé cette vocation.

C’est dommage…

J'éprouve toujours une grande émotion lorsque j'entends des airs qu'il interprétait notamment l'air de Nadir dans les pécheurs de perles de Bizet et bien d’autres.

Les opéras italiens étaient traduits, les interprètes chantaient en français, alors qu’ils sont chantés maintenant dans la langue d’origine du créateur.

Il pouvait être d'une grande originalité, provoquant et moqueur, limite incorrect.

Je me souviens un jour marchant dans une rue prés du Grand Rond, nous croisons un gars qui le salue ; il lui répond "salut frisé". Je luis demande "tu le connais? Non me dit-il. Le pire c'est que le gars en question était chauve.

Quand je me promenais en ville avec lui, bien que jeune, je remarquais que des femmes le fixaient ou lui faisaient un sourire. Il était très fier, moi je ne montrais rien et nous poursuivions notre chemin.

 

Nous allions tous les dimanches avec maman au cinéma, au Plaza, place Wilson, à la deuxième séance 

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 Que de grands films nous avons vus, des péplums, des films romantiques, qui parfois nous faisaient pleurer.

La journée se clôturait avec le traditionnel rôti de cheval , régal de mon père.

Il travaillait souvent le dimanche , la cadence du service étant 48h de travail pour 24h de repos.

Il venait rarement en congé l’été avec nous. 

N’ayant que deux enfants, il n’était pas prioritaire et il ne lui restait à choisir qu’entre les mois de juin ou de septembre alors que ma mère avait le mois d’août..

Parfois, un copain sympa lui cédait une semaine ou deux (si lui-même ne partait pas) et il nous rejoignait sur notre lieu de villégiature

Quand il était plus jeune, il faisait des spectacles d’acrobatie à mains nues avec un collègue, pompier comme lui, dans des salles de cinéma, au moment de l’entracte ou pour des Noëls d’entreprise.

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Plus tard, pour gagner plus d’argent, sur ses jours de repos, il avait un deuxième métier : déménageur ou ramoneur.

Sa profession, sapeur pompier était dure.

Nous voyions les entraînements quotidiens pour grimper à la grande échelle, les séances de gym pour entretenir la forme.

Je l’ai vu revenir avec sa grosse veste en cuir fumante de l’incendie qu’il avait combattu.

Il a même été intoxiqué et ramené par ses collègues, le visage noir de fumée.

Je me souviens de l’incendie d’une usine de pneus qui a été circonscrit au bout de 24h. On voyait les fumées noires de loin.

La nuit, la sonnerie se déclenchait mais nous les enfants, nous ne l’entendions pas.

Le matin, maman nous disait d’être calme pour que notre père puisse récupérer.

Les sonneries étaient différentes selon le type d’intervention.

Quand, il était de PS (premier secours), il partait ultra vite.

De son expérience professionnelle, nous en avons retiré des attitudes de prudence face aux dangers de la vie.

 

J’avais 10 ans lorsque maman fut très sérieusement malade .

On lui a trouvé un infiltrant dans les poumons, le médecin de famille Campuzan a été très énergique et pour guérir, elle fit un séjour de trois mois dans une maison de repos. A son retour, les soins continuèrent à domicile, par perfusion.

Celle-ci était installée par le médecin qui contrôlait le déroulement entre deux autres patient.

Pendant son congé maladie elle fut remplacée à son poste au secrétariat et elle changea de service à son retour.

Son entreprise était à la Côte Pavée, pas très loin de la maison ; au moment du repas, je surveillais son arrivée du balcon de la cuisine.

Je la repérais de loin dans son tailleur noir, très élégante, elle avait de l’allure, blonde comme les stars américaines.

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Papa dut assumer plus de tâches domestiques comme la cuisine et le ménage, les lessives et le repassage étant confiés à une dame qui s’appelait, si ma mémoire est bonne, Maria.

J’ai découvert les talents culinaires de mon père qui aurait aimer exercer ce métier mais son père n’avait pas été de cet avis, encore une fois. Il cuisinait même quand ils invitaient des amis.

Parmi ceux-ci, il y avait un couple, les Pagès, dont le mari fut le responsable de l’effondrement du pont ancien reliant le Grand-Rond et le Jardin des Plantes.

Je me souviens du jour où rentrant du collège pour déjeuner, je vis une pelle mécanique encastrée sous le pont.

André Pagès, ainsi qu’il se nommait, avait mal jugé la hauteur de son engin.

C’est ainsi que disparut ce joli pont ancien, symbole d’une époque.

Papa aimait bien aller au marché des Carmes.

Il choisissait des mets divers qu’il préparait à son idée.

Il aimait la triperie qu’il cuisinait bien (ris de veau, rognons et même des têtes d’agneau).

Par-dessus tout, il était le roi de la bouillabaisse.
En ce qui concerne le ménage, il cirait avec cœur le plancher de chêne mais il était un vrai tyran qui exigeait d’utiliser les patins.

C’est à cette époque que l’on nous demanda aussi de participer activement et de s’occuper du ménage de notre chambre.

Notre appartement était moderne ; papa avait fait installer une cabine douche dans le cabinet de toilette ; fini la toilette par petit bout ou le bain dans la grande bassine où le passage aux douches de la caserne que les femmes avaient le droit d’utiliser une fois par semaine.

Nous gagnions du temps et prenions du plaisir.

Je me souviens du premier réfrigérateur.

Fini la corvée du bloc de glace que l'on achetait au livreur.

On allait le chercher avec une bassine pour alimenter la glacière.

C'est fou les améliorations domestiques que nous avons découvertes.

Le fer électrique s'est substitué au fer que l'on mettait à chauffer sur la flamme, l'aspirateur balai, un peu bruyant, a simplifié le ménage et la machine à laver a fait son apparition.

Notre principale distraction était la lecture.

Nous allions régulièrement Eliane et moi dans une librairie rue de Metz, proche du monument aux morts où nous achetions des ouvrages de la collection rouge et or .

Nous lisions aussi toutes les semaines Mickey et nous aimions également les aventures de Denis la malice et Tartine Mariol, la mémé avec une force redoutable qui réglait ses comptes à coups de points.

Que de fous rires déclenchés !!!

 La télé en blanc et noir est enfin arrivée avec une seule chaîne, mais quel bonheur !

Lorsque nous ne passions pas les vacances entièrement chez mes grands-parents (trois mois c'est long), nous partions en colonies de vacances. 

La première colonie a été celle des Sœurs, à Marignan, je crois.

C’était un petit village qui sentait la vache. Il y avait beaucoup de bouzes dans les rues.

Eliane a eu une angine, elle a été à l’infirmerie et on badigeonnait sa gorge au bleu de méthylène qui a un goût désagréable.

Plus grandes, nous avons été à St Laurent de Neste, à Aulus et à Anglet.

A St Laurent de Neste, nous avons eu des poux.

Le soir on nous saupoudrait les cheveux et on les enveloppait dans une serviette pour aller nous coucher. 

Au cours de ce séjour , mes grands-parents ont accompagné mes parents le jour de la visite autorisée .

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Ils ont pu nous admirer dans le spectacle de danse préparé à cette occasion.

Malheureusement, pour Eliane et moi, mes parents ont décidé plus tard de nous laisser plus longtemps à la colo pendant qu'ils partaient en vacances à Nice avec des copains.

Eliane m’a dit qu’elle avait râlé et je ne devais pas être en reste.

A Aulus, nous faisions beaucoup de randonnées. 

Ma sœur avait toujours des problèmes pour être acceptée car, comme elle se portait bien, les services sanitaires pensaient qu'elle n'avait pas besoin de changer d'air. 

Moi, j'étais menue et donc, j'avais une place, pourtant, je n'étais jamais malade.

Ma sœur et moi dormions dans la même chambre.

J’ai été réveillée une fois pour m’apercevoir qu’un grand noir, c’était le docteur, auscultait Éliane qui avait une otite qu’il fallait percer. C’était ainsi qu’on procédait à cette époque.

Éliane et moi avons subi l’ablation des végétations et des amygdales et avec la douleur de déglutition, nous n’apprécions même pas la glace que l’on nous proposait.

Mes parents disaient que nous ne nous disputions plus, c’était le calme.

J’avais tendance à faire de la sinusite et une fois par semaine mon père m’accompagnait chez le spécialiste pour faire des aérosols.

Pour me soutenir, il s’arrêtait chez le boucher de la place Dupuy et il m’achetait 50g de viande hachée de cheval que je dégustais crue ( je ferais bondir les végans).

Quelques années plus tard, pour rester dans le domaine santé, j’ai suivi des cours chez un kinésithérapeute car j’avais une scoliose.

Un jour, il m’avait mis un collier de cuir autour du cou et il m’avait fait décoller du sol quelques instants pour étirer la colonne vertébrale.

J’ai porté une talonnette, j’en avais honte, peut être pendant deux ans, ma scoliose n’a jamais disparue.

 

Pour revenir à nos vacances d’été, j’ai surtout aimé aller à Anglet où nous logions dans un château. 

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Le parc était immense et nous pouvions y construire des cabanes, mais surtout le matin nous partions en bus á la "Chambre d'Amour" au bord de l'océan où la colo disposait d'une piscine sur la plage alimentée d'eau de mer. C'est là que j'ai appris à nager et à plonger.

Plus tard, nous partions à la mer avec mes parents. 

Nous allions ainsi à Valras, Leucate et la Costa Brava.

 A Valras, papa aimait faire le marché aux poissons et fruits de mer.

Il adorait bien sûr les manger et faire des découvertes.

Un vendeur lui a proposé de goûter des pommes de terre de mer (biju, je crois).

Il a trouvé que c’était très iodé et que les moules étaient bien meilleures.

Mon père avait acheté une Simca Aronde et nous partions en Espagne.

Sur les petites routes, nous nous arrêtions pour Eliane qui était sujette au mal des transports.

Nous sommes aussi tombés en panne et pris une amende en traversant Girone pour être passé à un feu rouge alors que nous cherchions notre chemin.

 

Nous allions souvent chez mes grands-parents maternels (les parents de papa sont décédés avant ma naissance) qui habitaient la Juncasse.

Ma grand-mère s’est occupée de moi jusqu’à 2 ans car maman travaillant, cela lui facilitait la tâche ma sœur allant à l’école.

Mes parents venaient me voir le dimanche et ma grand-mère m’éloignait au moment de la séparation car je pleurais beaucoup.

J’aimais déjà beaucoup les animaux.

A 4 ans, j’avais lâché la main de ma mère, rue de Metz et traversé pour aller caresser un chien entre les pieds d’un clochard.

Heureusement, à cette époque, les voitures étaient rares.

Le jeudi, jour de congé hebdomadaire, mon grand-père venait déjeuner avec nous.

Je le surveillais du balcon, il arrivait en vélo avec les épingles à linge serrant le fond du pantalon pour ne pas l’accrocher dans la chaîne .

J’aimais le voir , il craignait toujours qu’on lui fasse manger du cheval, il avait cette idée en horreur.

Parfois, il nous donnait une pièce de 20 centimes pour acheter un malakoff , il transportait aussi une boîte de pulmol , bonbons doux pour la gorge.

Et comme il m’a tenu en haleine avec son biétase , chose qu’il parlait de m’offrir si j’étais bien sûr sage et qui, en fait, n'existait pas.

Nous passions beaucoup de vacances chez mes grands-parents.

Je me souviens d’un jour où mon père m’a ramenée à la maison en moto.

Sur le pont de la Colombette la moto a calé .

Il m’a demandé de l’attendre là pendant qu’il tentait de la relancer.

Je l’ai vu partir en courant, poussant l’engin jusqu’à disparaître.

J’ai pensé qu’il m’abandonnait.

En règle générale, nous prenions l’autobus à ce même endroit, il montait l’avenue de la gloire, filait entre les deux cimetières, ensuite venait la descente vers la Roseraie et. Soupetard.

Dix minutes à pieds et nous étions arrivés.

La maison, une Toulousaine, abritait trois familles : les deux grandes sœurs de maman et mes grands-parents.

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A la campagne, je n’avais pas de copine de mon âge (à part une qui a déménagé assez tôt) et pour m’occuper je fouinais un peu partout , le grenier surtout.

J’y ai découvert des cartons de livres, de bandes dessinées appartenant à mes cousins plus âgés, des objets divers entreposés là car inutilisés. 

Il m’était interdit d’y monter en raison de l’échelle, seul accès, mais j’aimais grimper aux arbres, alors l’échelle ne m’impressionnait pas.
Je faisais pire chez mes parents , avec d’autres enfants, nous jouions sur la terrasse de notre immeuble et je m’asseyais sur le rebord, les jambes dans le vide.

Ma grand-mère élevaient des animaux pour la consommation, des lapins notamment.

Comme il était doux de caresser les lapereaux,

j’appréciais moins lorsque après en avoir tué un adulte, il fallait que je le tienne pendant qu’elle le pelait.

L’été, je suivais parfois les grands jusqu’au bord de l’Hers, un cours d’eau rempli de trous et réputé dangereux , où certains se baignaient.

Je ne savais pas encore nager et je me contentais de les regarder. 

Ils pêchaient aussi des grenouilles dont on mangeait les cuisses.

Parfois, l’Hers débordait et les champs où paissaient les vaches étaient inondés. 

Les pompiers se déplaçaient pour récupérer les animaux pris au piège.

Nous allions tous les jours chercher le lait dans une grande propriété que l’on appelait le château. Nous échangions la bouteille vide contre la pleine étiquetée au nom de ma grand-mère.

J’adorais la peau du lait bouilli que je mangeais bien sucrée.

L’été, je passais l’après-midi dans le jardin, couché sous les guigniers, à regarder filer les nuages, écouter les avions dans le ciel et le souffle du vent dans les arbres.

Parfois, dans le jardin à Brax, je retrouve ces sensations.

En cachette, je mangeais les petits pois crus, alors que je refusais de les manger cuits. Le plaisir à la source.

Je regrettais le confort de l’appartement lorsqu’il s’agissait d’aller aux toilettes.

C’était une cabane en bois au fond du jardin (comme le chante Cabrel) sombre et nauséabonde.

Moi, fille de la ville, déjà habituée au confort des sanitaires intérieurs, j’avais beaucoup de mal à m’y faire.

Je me souviens d’un accident dont j’ai été victime , je devais avoir 6 ans environ , ne pouvant me résoudre à utiliser les sanitaires rustiques, je retenais, retenais et une nuit l’inévitable arriva.

Ma grand-mère me réveilla pour me changer. 

La honte et le chagrin de lui avoir donné tout ce travail (je ne me souviens pas qu’elle m’ait punie) m’incitèrent à faire des efforts.

J’aimais beaucoup mes grands-parents ; ma grand-mère était constamment occupée par tous les travaux domestiques , les lessives qu’elle faisait dans la comporte (grande cuve en bois) avec le battoir en bois. Quelle énergie il fallait déployer .

Nous avons eu une chance incroyable avec l’apparition de la machine à laver.

Il y avait aussi le gavage des oies et soins à divers animaux fermiers (canards, poulets, lapins), les fleurs (j’admirais les fuchsias avec leurs longs doigts fleuris) .

La cuisine , je réalise combien elle était économe et traquait le gaspillage, elle récupérait la goutte d’huile qu’elle remettait dans la bouteille ou encore elle grattait le papier qui avait emballé le beurre jusqu’à ce qu’il soit bien propre.

Elle préparait le pain perdu, met que j’adorais avec du sucre. 

Il y avait toujours quelque chose qui mijotait sur la cuisinière et lorsque l’époque des oreillettes arrivait, alors toute la cuisine respirait l’huile.

Les vacances avaient leurs moments cruels lorsqu’il fallait abattre un animal pour le repas. Ma grand-mère ou tatie Lucienne sa fille et voisine étaient adroites et rapides dans cette fonction.  On me demandait parfois de tenir la bête, un lapin souvent pour le dépecer et le saigner. Le sang était cuit à  la poêle mais je n’en mangeais pas.

Les peaux de lapins étaient mises de côté et vendues à un chiffonnier ambulant, Monsieur Garcia, qui passait régulièrement avec une carriole tirée par un cheval.

C’était l’époque des petits métiers , le charbonnier qui livrait le combustible pour les cuisinières et que l’on stockait à la cave .

J’avais consigne d’éviter ce lieu et je le fuyais car je savais qu’il y avait des rats.

Malgré la simplicité de leur maison, mes grands-parents n’ayant pas de salle de bains, je n’ai jamais repéré sur eux la moindre odeur suspecte .

Mon grand-père se lavait à l’évier de la cuisine, torse nu, à grand renfort d’eau et de savon.

Il terminait en s’aspergeant d’eau de Cologne et n’oubliait pas d’en mettre sur sa moustache qu’il prenait soin ensuite de peigner.

A la campagne, les soirées d’été, nous sortions les chaises dans le jardin et les conversations s’enchaînaient avec les voisins , moi, j’aimais surtout regarder le ciel étoilé,

je me sentais toute petite mais charmée par le bleu profond et lumineux. 

C’était une de mes particularités de m’étendre dans l’herbe, sous un guignier (il y en avait plusieurs dans le jardin derrière la maison) et de contempler le ciel, les nuages se déplaçant plus ou moins vite , écoutant les oiseaux , le bruit d’un avion ou celui du vent dans les feuilles.

Pour me distraire, il m’arrivait d’escalader les branches et de m’asseoir sur celle qui me paraissait la plus haute et la plus solide.

En face de la maison de mes grands-parents vivait un couple d’amis de de mes parents, Aurélien et Paulette. 

Aurélien était un ami d’enfance de ma mère. J’allais leur rendre visite tous les jours. 

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Il était tailleur et j’aimais bien me hisser sur le grand comptoir lorsqu’il n’avait pas à tailler ou a monter des costumes. 

J’écoutais les bêtises qu’il aimait bien raconter, parfois intuitivement, je comprenais qu’elles étaient coquines.

C’est Paulette que j’appelais au secours petite, lorsque ma grand-mère me lavait les cheveux dans le jardin : j’avais peur de l’eau qui tombait sur mon visage ou lorsqu’il fallait me retirer un pull, j’avais peur de m’étouffer .

En fait, j’étais claustrophobe.

Je pense que cela remontait à ma naissance un peu trop longue, j’étais un peu bleue lorsque je suis sortie.

Ma mère ayant un frère et deux sœurs aînés, il y avait quelques cousins, cousines. J’étais la plus jeune de tous.
De temps en temps, des repas étaient organisés sous le hangar, aux beaux jours , toute la famille était présente et la réunion se terminait par le tour de table des chanteurs. 

Chacun entonnait sa chanson favorite, les enfants inclus.

Nous avions comme voisins, la famille Treich. 

Elle possédait des chevaux de course que le fils aîné montait régulièrement.

Il participait à des concours hippiques. On le trouvait très orgueilleux lorsqu’il passait devant chez nous dressé sur sa monture. Son jeune frère était plus abordable.

J'ai eu quelques années une copine , dont le père travaillait pour cette même famille. Elle s’appelait Maryse mais, ils ont déménagé un jour et le l’ai perdu de vue.

Quand je m’ennuyais, je prenais un vélo et pédalais jusqu’à Montrabé.

Il n’y avait pas de voiture donc pas de danger. Je passais devant des fermes, j’aimais l’odeur d’étable .

Ma grand-mère m’envoyait chercher le pain, également prévenir mon grand-père qui tapait le carton au café, qu’il était l’heure de déjeuner.

Étant la benjamine de la famille, mes cousins, surtout Pierre aimait bien me taquiner.

Il avait une manie, c’était de me soulever jusqu’au plafond de la cuisine et de faire semblant de me cogner la tête .

Je me débattais en essayant de lui donner des coups de pieds, mais en vain.

Il mesurait déjà 1,80m.

Je me suis occupé de Brigitte bébé, sa fille, qui est née quand j’ai eu 8 ans.

Je prenais plaisir à la promener et à jouer avec elle.

Elle est en photo avec moi pour ma communion solennelle .

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Éliane et moi avons fait notre préparation religieuse à St Étienne.

Nous allions à la messe le dimanche à 9h puis nous avions les cours de catéchisme , également le jeudi qui était notre jour de congé hebdomadaire en plus du dimanche.

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Plus tard, je préférais rester dans mon quartier, au Grand-Rond pour voir mes copines de classe ou rester lire chez moi.

J’avais une copine plus jeune, Linda qui habitait à l’étage inférieur. 

Elle aimait bien venir avec moi, je lui racontais les films que j’avais vu le dimanche précédent, parfois sur le chemin qui nous conduisait à l’église Saint Etienne le dimanche pour la messe de 10H.

Je fréquentais le jeudi le Patronage religieux où nous étions sous la surveillance de Sœurs .

C’est avec elles que j’ai vu le plus de Charlot et de Laurel et Hardy. 

Il y avait une cour où nous pouvions faire du patin à roulettes. 

C’était le CLAE de l’époque, mais c’était gratuit.

Plus grandes, nous suivions les films du ciné-club au cinéma Hollywood, rue des Potiers, prés de la Halle aux Grains.

Que de westerns vus pendant lesquels les spectateurs criaient pour encourager les acteurs du film pendant les combats ou les poursuites des indiens.

Cela me rappelle que la Halle aux grains, avant de devenir une salle symphonique était une piste de patins à roulettes où les enfants du quartier venaient s’entraîner.

Nos patins avaient quatre roues au début en fer, puis ils se sont allégés avec des roues dans un genre de caoutchouc.

Nous patinions également sur le trottoir qui bordait les immeubles du quartier Boulingrin.

Nous faisions évidemment beaucoup de bruit que ne supportait pas un monsieur et un jour en ouvrant sa fenêtre, il nous jeta un seau d'eau. 

Au parent venu se plaindre de sa conduite, il déclara être dérangé par le bruit et le parent lui rétorqua :"et vous croyez que vous ne nous rasez pas tous les dimanches à la radio!".

Ce monsieur, en effet chantait à la radio régionale

Gamine, je jouais sur le terrain de volley ball des pompiers. 

Nous nous entraînions au hoola hoop et au badminton.

Pour revenir à nos vacances d’été, j’ai surtout aimé aller à Anglet où nous logions dans un château. 

Le parc était immense et nous pouvions y construire des cabanes, mais surtout le matin nous partions en bus á la "Chambre d'Amour" au bord de l'océan où la colo disposait d'une piscine sur la plage alimentée d'eau de mer. 

C'est là que j'ai appris à nager et à plonger.

Nous partions aussi en vacances avec nos parents, en France, en Espagne, mais toujours au bord de la mer. 

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À ces moments là se posait la question de caser notre petite chatte Minouche que j'avais recueillie à peine âgée de 8 jours. 

J'avais une amie de collège dont le père était gendarme , la caserne de gendarmes mobiles se trouvait à côté de celle des pompiers. 

Mon amie avait une sœur aînée qui aimait la musique classique et notamment Chopin qu’elle écoutait en boucle.

Sa jeune sœur trouvait cela ringard mais moi j’appréciais en silence.

Un soir, alors que je m’attardais, on a avait sonné à leur porte et un scout cherchait une famille d'accueil pour un chaton minuscule blanc et noir. 

Mon cœur a chaviré et je me suis portée candidate.

Me voilà installée sur une chaise dans la cuisine, réfléchissant, me demandant quelle allait être la réaction de mes parents qui étaient au cinéma, car c'était dimanche?

La porte d'entrée de l'appartement s'ouvre et maman s'exclame "Minouche, qu'elle est mignonne".Tu étais sauvée et moi j'évitais la réprimande.

Nous avons acheté un petit biberon, coupé le lait de vache avec de l'eau, et tu as vécu jusqu'à 22 ans.

Que de moments de jeux j'ai vécu avec toi, je t'ai appris à chanter sur commande, parfois tu te glissais dans nos draps, au fond du lit et tu dormais. 

Je me demande encore comment tu ne t'étouffais pas. 

Tu aimais aussi monter sur mon bureau et te coucher sur mes cahiers pendant que je travaillais. Tu n'es pratiquement jamais sortie de l'appartement. 

Les deux fois où nous nous y sommes hasardés auraient pu mal se terminer pour toi .

Nous avions voulu que tu nous accompagne au bord de l'Ariège où nous devions pique-niquer et pêcher.  Au moment de repartir, tu avais disparue.

Au bout d'un moment de recherche, papa a eu l'idée d'ouvrir le capot de la voiture, tu y étais blottie et toute noire. Nous avons compris que tu avais été effrayée par des vaches qui s'étaient un peu trop approchées de nous.

La deuxième expérience concerne ta mise en pension pendant les vacances d'été. 

A notre retour, mes parents sont partis te reprendre. 

A ton arrivée chez nous, tu ne te comportais pas comme d'habitude et la réflexion de ma sœur qui s'étonnait qu'elle ait des boules nous fit comprendre qu'une erreur s'était produite dans la récupération de l'animal.

Nous apprîmes avec tristesse que Minouche n'était pas sortie de 15 jours de son box, le propriétaire ne l'avait jamais vue. 

Comment a-t-elle tenue sans manger, ni boire.

Arrivée à la maison, elle est montée sur l'évier et a bu longtemps, longtemps.

A partir de ce jour, nous demandions à une voisine de bien vouloir s'en occuper en notre absence.

Eliane et moi avons commencé notre scolarité à l'école primaire du Busca mais, pour l'entrée en 6e de ma sœur, nous avons été inscrites, elle au collège, moi en CM1, rue des Trente six Ponts, prés des allées St Michel.

Cette école était dirigée par une femme, véritable peste.

On la détestait mais elle nous faisait peur et personne ne bronchait dans les rangs. Elle adorait distribuer des lignes qu’il fallait copier cent fois.

Sinon, j’ai eu des profs sympas et compétents.

En début d'année scolaire, il y avait sur les allées la fête foraine , nous en profitions pour nous payer quelques tours de manège avant de rentrer faire les devoirs.

 Je me souviens, d’une fin d’après-midi où nous regardions les gens évoluer dans les auto-tamponneuses , lorsqu’un garçons glissa une main sous la jupe d’Eliane.

Elle l’a poursuivi jusqu’à ce qu’elle l’attrape et il a passé un mauvais moment à coup de gifles. Il devait penser qu’elle aurait abandonné .

II nous était déconseillé de traverser le Jardin des Plantes, pourtant tellement agréable, car des hommes seuls s'y promenaient, certains exhibitionnistes.

En grandissant, nous avons délaissé les activités extérieures et préférions rester chez nous à lire ou à écouter des disques, dès que l'on nous a offert un tourne-disques. 

Nous nous entraînions, Éliane et moi, au rock and roll.

Pour les livres, nous allions rue de Metz, près du monument aux morts, où se trouvait une librairie et puis, nous avions la bibliothèque du collège.

C’est dans cette même rue que se trouvait le magasin de musique où on nous avez acheté un tourne-disque disait-on « La guilde du disque ».

Nous avons commencé notre collection dans nos genres préférés : Aznavour, Elvis, Nat king Cole, Les chaussettes noires, Opéras et j’en passe.

Après le brevet, ne sachant pas vers quoi me diriger, je suis rentrée en seconde au lycée Ozenne, rue Merly, où j'ai fait la connaissance de Kiki (Christiane  Cothin, Lagarde maintenant).

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Elle n'aimait pas les matières qu'on y enseignait, seuls le français et la philo l'intéressaient.

Moi, je travaillais et j'aimais bien le droit et l'économie. 

Elle s'arrêta au brevet commercial tandis que je préparais le BTS de secrétariat de direction.

Kiki était artiste, moi plus terre à terre.

A cette époque, j’ai développé un psoriasis du cuir chevelu.

Le dermatologue qui me suivait pensait que c’était psychologique. Décidément, j’étais trop anxieuse.

Cela ne m’empêchait pas d’aller danser

Au début, nous allions dans un dancing qui s'appelait "la pizzeria", en sous-sol d'une maison, rue Gabriel Péri.

Avant, pour se donner du courage, nous nous arrêtions dans un café, le Coq Hardi, où nous prenions elle une Izzara et moi une bénédictine. 

Ce manège n'a pas duré longtemps.Kiki fumait, moi pas, je n'y trouvais aucun plaisir.

Au lycée, Kiki s'était entichée d'un garçon nommé Jacques et elle m'avait convaincue de le suivre après les cours et s'est ainsi que nous avons débarqué à Moncaf', place du Capitole.

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C'est là que nous fîmes connaissance d'une bande de copains, étudiants pour la plupart, qui passaient beaucoup de temps dans ce lieu et parmi ces joyeux lurons un qui parlait beaucoup, c'était Riri, comme on l'appelait, Henri quoi...

Nous allions le dimanche après midi danser au Borios, café où se situait une salle au premier étage occupée par les élèves de l'école vétérinaire qui organisaient des surboums. 

C'étaient très sympa, on dansait des heures, sauf si tu rencontrais un bavard qui te bloquait et empêchait quiconque de t'inviter. 

C'est ce qui m'est arrivé et le responsable s'appelait Henri.

Ça démarrait mal...

Par la suite, nous prîmes l'habitude le dimanche d'aller dans des "caves" au centre de Toulouse et notamment rue St Rome .

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J’allais au lycée à pied et Kiki m’attendait à l’angle de la rue de l’étoile où elle habitait.

Elle faisait un cinéma avec sa veste en daim que sa mère ne voulait pas qu’elle porte pour aller en cours.

Elle la planquait dans son cartable et la ressortait lorsqu’elle se trouvait hors de la vue maternelle.

Un jour, elle a dérapé du trottoir et elle est tombée dans la rigole qui véhiculait du vermicelle. Sa veste a eu quelque décoration alimentaire.

C’était drôle, pour une fille de resto. Sa mère n’a rien dit, je pense qu’elle savait le cinéma qu’elle faisait.

Parfois, nous prenions le bus 1 qui circulait sur les boulevards, mais il était souvent bondé et des hommes en profitaient pour se coller ; ils comprenaient vite quand tu leur décochais une bon coup de coude dans l’estomac .

Vers 17 ans , j'ai eu la possibilité d'aller au ski avec le club toulousain l'Escagarol.

Nous partions le dimanche de bonne heure du Capitole, en car , vers les stations pyrénéennes (La Mongie, St Lary).

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C’est dans cette station qu’Éliane et moi avons dévalé une piste presque totalement en raison de plaques innombrables de verglas.

Un ski de ma sœur a déclenché, la courroie qui le retenait à la cheville s’est rompue, nous l’avons récupéré au bas de la piste, heureusement, il n’a blessé personne.

L'équipement se composait de pantalon fuseau, gros pull de laine et anorak qui n'était pas aussi imperméable que maintenant. 

Les chaussures en cuir et à crochets étaient mouillées en fin de journée suite aux nombreuses  chutes des débutants. 

Comme j'ai pu souffrir de l'onglée aux mains et aux pieds malgré les gants et les chaussettes de laine.  Mais quel plaisir.

J'ai eu une entorse au genou suite a une chute où le ski n'a pas déclenché. 

C'etait á Superbagneres (station où j'ai fait mes premières descentes) et je me souviens encore de la douleur fulgurante que j'ai ressentie. 

Par la suite, j'ai dû aller au Lycée Ozenne où je préparais le BTS avec des cannes anglaises.

Mes premiers skis étaient des Émile Allais.

Que de gadins avant de pouvoir arriver à une tenue honorable.

Mon exemple a donné envie à mon père qui s’est lancé dans ce sport.

Avec son caractère perfectionniste, il était du genre à râler lorsqu’il tombait.

On riait parfois lorsqu’il ressortait tout couvert de neige ; il faut dire que les pistes n’étaient pas damées comme aujourd’hui.

Nous ne prenions pas de cours, trop chers.

Des copains avec plus d’expérience nous donnaient des conseils.

C’est au ski, je ne sais plus dans quelle station, que j’ai pris la seule cuite de ma vie. J’ai été tellement mal que je me suis promis de ne jamais me laisser piéger. Piéger est vraiment le mot.

Nous fêtions Noël à la montagne avec un groupe de copains dont Marceau.

Nous avons participé à un jeu , la cardinalisation .

On jetait des dés, je ne sais plus pourquoi on perdait, mais il fallait avaler un verre de rhum. Évidemment, les filles étaient visées.

Je me souviens avoir été malade, heureusement le lendemain tout était passé.

Je me souviens d’un autre réveillon, à Font Romeu où là, c’est Henri qui a pris une cuite et s’est lancé dans une conférence sur Jésus dans le bar où on passait le réveillon. Il a fait rire l’assemblée.

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On avait loué des chambres dans un hôtel et comme des copains n’avaient pas pu se loger, les garçons se sont retrouvés en surnombre, en se faufilant discrètement car ils ne payaient pas.

À Toulouse, on cherchait toujours un endroit où faire le réveillon, c’était finalement chez un copain ou copine.

Une année, il a eu lieu chez Kiki, dans le restaurant que sa mère tenait, rue Riquet, près de la Halle aux grains.

Pour l’occasion, maman m’a ait fait un petit ensemble jupe et gilet sans manche dans un tissu écossais gris noir et rouge.

Une autre fois, nous avons réveillonné chez la baronne, qui n’en était pas une ; je ne sais plus pourquoi elle était ainsi surnommée.

Peu de la bande avait une voiture, Henri, avec sa coccinelle verte faisait figure de privilégié.

Il faisait son important place du capitole, on le repérait vite, surtout qu’à l’époque, le parking souterrain n’existait pas, les voitures se garaient sur la place.

Plus tard, d’autres membres de la bande en achetèrent d’occasion ce qui nous permis de faire des virées à la mer pour une journée, Narbonne-plage était la destination la plus proche, ou le week-end. Dans ce cas là nous campions.

Nous aimions bien traverser la frontière espagnole.

Cadaquès nous a reçu et nous l’avons quitté en courant.

Le restaurant où nous souhaitions déguster des langoustes, telles qu’elles figuraient dans le bassin présentoir, nous servit en fait des gambas.

Contrariés, les garçons, après avoir mangé les crustacés et discuté, décidèrent de partir sans payer.

Ils suggérèrent aux filles de partir nonchalamment les premières, ce que nous fîmes, inquiètes.

Les garçons quittèrent notre table au sprint.

Je ne sais pas si on nous a recherché, Martine Parant, en tremble encore.

C’était l’époque de Franco, on aurait pu se retrouver en prison.

Nous ne nous sommes pas attardés à Cadaquès.

 

A 19 ans, ma relation avec Henri changea. De caractère amical elle devint plus sentimentale.

Cela dura quelque temps, puis il a eu peur de s’attacher et les liens furent rompus.

Cela me permit de réfléchir aussi.

 

Mon père, qui était devenu officier s’est vu proposer divers postes de commandement, notamment en Corse.

Je ne sais pas si j’y serais allée, je préparais le BTS au Lycée Ozenne, de toute façon ma mère n’envisageait pas de quitter son poste de comptable chez Etcheparre, la fabrique de sous-vêtements masculins.

Cet été là, nous avions une location à Valras et j’avais invité Kiki à passer le mois avec nous.

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Au bout de quelques jours, à ma grande surprise, j’ai vu débarquer Henri et un copain, je crois qu’ils campaient.

Et c’est ainsi que nous avons renoué.

L’été suivant, nous sommes partis à Cambrils en Espagne, toujours avec Kiki et avec ma sœur qui venait de divorcer après quatre mois de mariage.

En fait, elle n’aurait pas dû se marier avec ce garçon, mes parents étaient d’accord pour annuler tout, mais elle a voulu aller jusqu’au bout.

Elle est revenue un soir chez nous car ils avaient échangé des coups, Eliane avait des traces de strangulation.

Elle a déposé plainte, accompagnée de papa, à la police.

À cette époque, ça s’arrêtait là.

Elle a vécu quelque temps avec nous puis a pris un appartement.

C’est à Cambrils qu’elle a fait la connaissance de Marc Belin, passé avec un groupe de copains dont le frère de Kiki, Michel.

C’est également là que nous avons fait connaissance de Françoise qui deviendrait la femme de Marceau.

Moi, j’ai rencontré un peintre de Montparnasse, Mathias, qui a eu un béguin pour moi. Je trouvais qu’il ressemblait à Modigliani, il était très gentil et correct.

Il était d’origine suisse.

Kiki elle, s’était entichée d’un parisien qui cultivait le style artiste bohème.

Qu’elle ne fut sa déception lorsqu’il vint à Toulouse et qu’il afficha le look petit bourgeois bon chic, bon genre.

De retour à Toulouse, nous reprîmes nos activités, moi au Lycée Ozenne, Kiki son boulot à la faculté des sciences où elle était secrétaire au Laboratoire d’Entomologie (étude des insectes).

Elle nous amusait en nous racontant qu’elle prenait la température des fourmis.

Ce furent les dernières vacances que nous passerions ensemble.

L’année suivante, je travaillais un mois à l’INSA pour participer au voyage en Turquie que nous projetions de faire avec Henri, ainsi qu’avec Éliane et son copain Marc Belin.

Pour y parvenir nous sommes partis en 2CV par le nord de l’Italie, la côte yougoslave.

De temps en temps le soir, nous retrouvions ma sœur et Marc.

Nous campions où nous allions à l’hôtel qui n’était pas cher.

J’ai fêté 20 ans à Istanbul.

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Maintenant, je pense à mes parents qui ne recevaient qu’une carte postale pendant notre absence.

Il est vrai que la région était calme à cette époque.

L’année du BTS de secrétariat de direction , je fis le stage de fin d’études obligatoire de trois mois au Laboratoire de Génie Électrique de l’université Paul Sabatier dirigé par le professeur Lagasse.

Géographiquement, il se trouvait dans les locaux de l’ENSEEIHT, rue Camichel, près de St Aubin.

Par chance, un poste de secrétaire de direction était à pourvoir et j’ai été embauchée.

Nous nous sommes mariés en 1968

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et nous avons trouvé un petit appartement rue Benjamin Constant, près de chez mes parents et de mon lieu de travail où j’allais à pied.

Nous vivions comme des étudiants, Henri l’étant encore, nous sortions au cinéma et au théâtre, recevions des copains où allions chez l’un d’eux .

Je me souviens d’un soir où Henri s’est positionné près de chez mes parents pour me ramener, comme il le faisait quand il était célibataire.

Parfois, il participait à des réunions poker , je trouvais le temps long et m’endormais.

C’est ainsi qu’ayant été réveillée soudainement, j’ai mal posé mes pieds et le résultat a été une violente douleur due à une fracture du métatarse.

J’ai gardé le pied dans le plâtre pendant trois semaines et déplacement avec cannes anglaises.

Henri et mon père m’ont servi de chauffeur pendant cette période.

Nous avons occupé cet appartement durant six mois.

Nous avons été inondé, je ne me souviens pas comment mais, les pompiers sont venus pour évacuer l’eau et ils ont répandu ensuite de la sciure pour absorber l’humidité.

Nous avons décidé de louer plus grand, un T3 rue Camille Desmoulin, proche de Rangueil.

Henri me déposait le matin rue Camichel et Marie-Hélène, la première femme de Serge, me ramenait à mon domicile.

Dans cet immeuble ,à notre grande surprise, nous avions comme voisins, sur le même palier, Marceau et Françoise.

Nous étions prés de la voie ferrée d’Auch, l’appartement était agréable.

En 1969, vers 2h du matin, nous avons suivi l’alunissage d’Apollo.

Nous avons déménagé à Blagnac, route de Grenade, dans la maison qui appartenait à mes beaux-parents.

Ceux-ci s’étaient installés à Pégomas. dans les Alpes Maritimes.

Cela nous arrangeait car Henri partait faire le service militaire à Francazal pendant un an.

Il s’est acheté une vieille 2CV et moi je conduisais la 204 cabriolet.

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Louisette vivait avec nous, elle était en faculté de droit à Toulouse.

Un jour, Roger, qui était son copain, s’est également installé dans la maison.

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Au bout d’un an, lorsqu’ Henri fut libéré, nous nous sommes installés rue Lucien Lafforgue, proche d’Arnaud Bernard, pour simplifier mon trajet car je pouvais prendre l’autobus 1 pour me rendre à l’ENSEEIT.

Nous avions acheté un pinscher femelle prénommée Tina.

Au début, comme il fallait la nourrir à midi, je la prenais au bureau, puis plus tard, elle restait à la maison.

En 1972, je suis tombée enceinte et au bout de quelques mois, nous avons acheté une R5 d’occasion orange, qui avait des difficultés à démarrer et Henri avait adapté une bombe contenant un produit qui, effectivement, aidait le moteur.

Tout allait bien et le terme de l’accouchement approchant, nous souhaitions que notre enfant respire un meilleur air que celui de Toulouse.

Nous avons cherché et trouvé une villa à Tournefeuille.

 

 

Puis, il y a eu l’accouchement le 3 février 1973 et là, le ciel qui te tombe sur la tête.

Tu n’y crois pas tout d’abord, tu te dis qu’il y a erreur, et puis non Denis a une malformation cardiaque importante, pas opérable.

Tu es abattue et tu pleures, pleures…

Le calvaire commence, la nuit tu entends les bébés qui pleurent, les mères s’occupent d’eux, moi qui n’ai même pas eu le temps de serrer mon garçon dans mes bras, qui ne l’ai pas bien vu.

Comme je récupérais bien, j’ai demandé à quitter rapidement la clinique et j’ai écourté le congé de maternité pour occuper mon esprit.

Cette année là, beaucoup de naissances eurent lieu parmi nos amis.

Ce fut dur, pourquoi moi, que c’était-il passé ?

Nous avons évité les familles comblées, nous nous sommes installés à Tournefeuille .

Avant la fin février, nous sommes partis quelques jours dans le Lot .

Nous avons pris un hôtel avec vue sur le village de Rocamadour et nous avons visité les alentours.

Nous avons ensuite repris nos occupations, nous sortions, allions aux spectacles.

Les examens que nous avons subis pour détecter une incompatibilité de chromosomes n’ont rien donné et on nous a certifié que nous aurions d’autres enfants.

Pendant un moi environ, mes paupières ont sauté en permanence avant que je me décide à consulter. C’était une crise de spasmophilie.

Deux mois après, je perdais une grande quantité de cheveux.

L’été qui a suivi, nous sommes partis faire le tour de l’Espagne avec la caravane de mes parents. Cela me fit beaucoup de bien.

Et puis, j’avais Tina qui était très affectueuse.

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Heureusement, j’avais mon travail où tout se passait bien, l’ambiance au Labo était bonne et le personnel sympathique.

Il y avait beaucoup de jeunes français ou étrangers qui venaient passer une thèse.

On était jeune et on aimait s’amuser.

Je n’oubliais pas que nous souhaitions devenir parents, mais je dois dire que cela ne marchait pas.

J’ai fait hélas une fausse couche, manque de progestérone, paraît-il.

J’en ai avalé des cachets pour compenser mais pas de miracle.

Le père de Martine Parant qui était médecin, a compris que mon problème était dû probablement à un blocage de l’hypophyse, glande qui régule le système hormonal.

Il m’a prescrit ondogine et deux mois plus tard j’étais enceinte de celui qu’on appellerait Rémi.

Bonheur total, mais au troisième mois, je me souviens je faisais les magasins entre midi et deux heures, j’avais beaucoup marché sur mes talons et dans l’après midi j’ai perdu un peu de sang.

Le médcin m’a immédiatement mis en congé de maladie, les premiers temps sans mettre le pied par terre, nous nous sommes donc installés chez mes parents durant, je crois trois mois.

Puis nous sommes revenus chez nous à Tournefeuille et j’ai repris mes activités professionnelles.

Avant l’accouchement, nous avons trouvé une petite maison à Pibrac où nous nous sommes installés.

Ce fut un été très chaud, le temps s’est adouci après le 15 août et le 21, la naissance eut lieu à la clinique Ambroise Paré, à l’époque sur les allées Charles de Fitte, à côté de la caserne des pompiers où habitaient mes parents.

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Nous étions bien dans le lotissement de Château Cru, des voisins sans problèmes et sympathiques, nous nous sommes installés dans une petite routine de nouveaux parents.

Rémi fut confié à une nourrice dans Pibrac, j’ai repris mon activité professionnelle.

Henri déposait le bébé le matin, je le récupérais le soir.

Au bout de quelques mois, je dus chercher une nouvelle gardienne et j’en trouvais une à Léguevin, dans le centre : c’etait une dame à la retraite avec son mari .

Mes parents étaient aux anges, puis ils eurent un autre bonheur deux mois plus tard avec la naissance de Laurence.

Rémi avait un an lorsque je décidais de poser un congé sans solde pour convenance personnelle de deux ans.

Bien sûr, les revenus ont baissé et je compensais en cuisinant beaucoup plus, en tricotant.

Les frais divers chutaient. C’est à cette époque que j’ai acheté le premier robot thermomix de Worweck qui chauffait et qui me permettait de préparer les repas de bébé et d’adultes.

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Les deux ans touchaient à leur fin et j’ai envisagé d’avoir un autre enfant.

J’ai dû démissionner.

En 1978 je suis enceinte et en mars 1979 naît Stephanie.

Par échographie, nous savions que nous allions avoir une petite fille. Le bonheur total.

Rémi a accueilli sa sœur avec joie dans l’attente de pouvoir jouer avec elle.

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Ce fut le début d’une vie heureuse, sereine, avec la famille et les amis que nous avons connu, en partie par les enfants au seing de l’école.

Pibrac était un petit village de 2700 habitants, nous pratiquions des activités et nous prenions des cours, de tennis notamment.

Les enfants ont fait du patins à roulettes, du tennis, de la danse jazz pour Stéphanie.

Les mercredis étaient occupés.

J’ai fait du bénévolat à la bibliothèque de l’école de La Salle où les enfants étaient scolarisés,

j’ai fait une permanence dans l’association Entraide, Partage et Travail.

Avec Conchita Lion et Régine Meral nous avons contacté le maire de l’époque,

Mr Courtines, pour créer une bibliothèque qui faisait défaut.

Il nous a trouvé un local, débloquer des crédits pour acquérir quelques livres, sans trop croire au projet.

Les Pibracais, pensaient-ils ne lisent pas.

Le Bibliobus de Toulouse nous fournissait des ouvrages une fois par mois.

Quand on voit les dimensions de la bibliothèque actuelle, on peut dire que le maire ne lisait pas dans le marc de café.

Les enfants grandissant , j’ai eu envie de reprendre une activité rémunérée. L’informatique envahissait le travail administratif et je me suis inscrite à un cycle de formation a l’école Pigier de Toulouse.

Ensuite, envoi de CV, entretiens, bref pas facile de reprendre.

A 46 ans, on m’a dit que j’étais vieille.

J’ai répondu à la personne que je ne le trouvais pas.

C’était une célibataire, sans enfants, je l’ai pensé jalouse.

J’ai postulé chez Air France, recommandée par Patrick Boyard à un chef de service mais pas de succès.

Finalement, c’est sur le marché de Pibrac que vint ma chance.

Le marchand de viennoiseries avait créé son usine de fabrication à Merville et cherchait une personne pour faire la comptabilité, sa femme n’ayant pas le temps de s’en occuper.

Je fus embauchée pour un mi-temps et cela me convenait parfaitement.

Je me souviens des délicieuses chouquettes fraîches du jour que je ramenais à la maison.

Tout allait bien, mais au bout d’un an, d’un an et demi, l’épouse a souhaité effectuer elle-même le travail, j’ai donc établi les documents pour me licencier.

Quelque temps après, une amie de Pibrac, Monique, avait repris son métier d’infirmière et montait avec d’autres un cabinet d’infirmières libérales.

Elle me demanda si j’étais partante pour effectuer tout le travail administratif. J’acceptais avec bonheur.

C’était de nouveau un mi-temps, mais cela me suffisait.

Je partais tous les matins à Cornebarrieu où se situait le bureau.

Au bout de quelques années, l’affaire est devenue moins rentable du fait de mesures draconiennes de la CPAM, du blocage des indemnités médicales, les infirmières se séparèrent, les plus jeunes cherchèrent un poste de salariée, les plus âgées prirent la retraite, moi également.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 




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